Épuisement parental ?

« Parent de xxx, il faudrait que vous preniez rendez-vous chez un spécialiste pour lui faire passer un bilan, car avec ses difficultés, il ne suit plus en classe et ça devient vraiment problématique. »

Ça vous parle ? Vous l’avez déjà entendu ? Vous y avez été confrontés ?

Cette phrase est le quotidien de beaucoup de parents.

Elle en devient un refrain redouté, une ritournelle cauchemardesque, un cercle infernal.


Voici ce qu’entendent dans leur cœur ces parents :

« Parent de cet enfant que je ne comprends pas mais que j’aime, il faudrait que je prenne un énième RDV chez un spécialiste qui sera le 2ème ou 3ème non remboursé ; pour un bilan qui va forcément être catastrophique et l’on va devoir partir sur des semaines de prise en charge, à jongler avec mes horaires de boulot, ses horaires d’école et ceux des RDV chez les autres spécialistes. »

Alors, quand ces familles arrivent dans mon cabinet pour ce fameux bilan, mon bureau se charge de leur appréhension, épuisement, désarroi.

La première partie du bilan, je le passe seule avec l’enfant pour l’évaluer et lui faire passer les tests.

J’aime particulièrement ce moment car l’enfant se révèle.

Soit très bavard, à l’aise, curieux, sans filtres surtout sans la présence des parents.

Soit complétement introverti, paniqué, en retrait avec un sentiment d’insécurité.

A ce moment-là, je sais si j’ai affaire à un Petit Prince, au Renard ou à la Rose !



Puis arrive la 2ème partie, l’anamnèse avec le ou les parents.


Cela arrive régulièrement que les deux parents soient là pour le bilan. C’est appréciable d’avoir les visions de chacun, qui se nuancent, se complètent ou varient !


C’est bien cette partie du bilan qui est la plus intense et la plus sensible.

L’intensité est à jauger en fonction de la grosseur du dossier qui les accompagne souvent !

J’oblige les parents à revivre tout ce par quoi ils sont passés avec leur enfant, de la grossesse à aujourd’hui.

Il y a autant d’attitudes parentales face aux handicaps ou troubles de leur enfant que de parents, car quelle que soit la manière dont ils sont vécus, c’est toujours douloureux !

Et de plus en plus souvent, ce sont des larmes, des torrents de fatigue et des sanglots qui jaillissent. Ils ont honte, s’excusent.

Ma seule réponse: « Allez-y, déchargez-vous, c’est NORMAL. ».


Le meilleur conseil qu’on m’a donné quand je me suis installée : "une boîte de mouchoirs toujours sur ton bureau" …

Le bilan est le point de départ indispensable à toute rééducation mais surtout le moment où la confiance s’établit.

Notre première compétence doit être l’écoute.

Notre seul objectif : leur redonner espoir par un mot si simple mais qui claque dans

leur cœur « BRAVO ». Et à travers leurs yeux embués et le masque, des sourires se devinent. Alors, je sais, que le RDV s’est bien passé …


Chers parents, ce post vous est dédié.

N’ayez pas honte, vous n’êtes pas seuls à vivre ce parcours du combattant des bilans et prises en charge.

Nous sommes les combattants de l’ombre pour que nos enfants puissent un jour, devenir les Capitaines de leur Vie.


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